Ahmed Aajour.

Zghanghan (Nador, Maroc), 1931 - 2014

Ahmed Aajour sentit sa vocation s’affirmer très tôt. À l’école coranique, au lieu d’écrire des versets comme il se doit, le jeune Ahmed dessinait des poules, des lapins et autres animaux domestiques, ce qui attirait les foudres du maître et celles de son père, qui le corrigeait sévèrement pour le « remettre dans le droit chemin » raconte-t-il.Aajour devint ensuite berger dans les montagnes du Rif. C’est là que, tel un artiste de la préhistoire ou du «land art», il dessinait et peignait sur toutes les surfaces lisses, rochers ou parois des montagnes, qui se prêtaient à cet exercice. Certains ouvriers européens d’une mine proche

le remarquèrent et l’invitèrent dans leur atelier. Il réalisa alors un ensemble de dessins, encou-
ragé par les ouvriers sensibles à l’expression picturale, qui lui achetaient le matériel néces-
saire : toiles, tubes de peinture, pinceaux, brosses, couteaux, toiles…

Ahmed Aajour s’installe dans une maison située face aux anciens paysages miniers. La mine, avec toute la machinerie et les ouvriers au travail, est un élément récurrent de son œuvre qui fait souvent référence à sa jeunesse. La maison s’organise elle aussi en lien avec cet environnement. Cet univers singulier et poétique n’est pas sans faire penser à ce que l’on nomme en France les « habitants paysagistes ».

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