Driss Rahhaoui

Jerada (Maroc), 1977

Driss Rahhaoui vit à Jerada. Après un apprentissage à l’Institut National des Beaux-Arts de Tétouan et une expérience professionnelle en agence de communication à Casablanca, Driss Rahhaoui regagne sa ville natale de Jerada où il se consacre entièrement à son art et anime, durant trois ans, des ateliers pour enfants. Entré ensuite au Ministère de la Culture, il s’occupe depuis quelques années des nouveaux espaces d’exposition de la ville d’Oujda. En marge de son travail, Rahhaoui est engagé dans la vie associative de la ville et participe régulièrement à la mise en place d’expositions et de manifestations culturelles dans tout l’Oriental. Très actif et polyvalent, Driss Rahhaoui combine peinture, sculpture, installation, vidéo et photographie, dans un langage plastique fondé sur le geste et le rythme. Il a désormais abandonné la polychromie abondante pour privilégier une économie de la couleur, avec une dominance de noir. Le noir de sa ville natale, Jerada, ville du charbon et de la silicose. Austère à première vue, son œuvre est néanmoins empreinte d’une sensualité dépouillée qui appelle «un état de sérénité». Avec peu de moyens, des matériaux récupérés sur le lieu même de production du charbon qu’on appelle «sandria» (descenderie), auquel Rahhaoui ajoute du charbon, de la corde, des sacs de jute, de la ficelle…, il crée une gestualité débordante de noir et de gris. L’artiste inscrit son travail plastique dans une dimension historique en interrogeant la mémoire de sa ville minière. Driss Rahhaoui abolit les frontières entre éthique et esthétique. Son œuvre a été exposée au Maroc, en Algérie, en France et en Italie.

Driss rahhaoui