Abderrahmane Zenati

Oujda (Maroc), 1943

Abderrahmane Zenati vit à Oujda et à Saïdia. Artiste autodidacte, il aime dire : « Je suis lauréat de l’école de la vie populaire qui m’a tout appris… » En effet, à l’âge de douze ans il se retrouve à l’hôpital, atteint d’une tuberculose. Pendant toute la durée de son hospitalisation, il gribouille sur n’importe quel papier lui tombant sous la main. Une passion est née : le dessin, la peinture et l’écriture. Cela lui a permis, comme il l’explique, d’exorciser les angoisses liées aux années d’errance et de fragilité. À une époque très difficile pour les artistes, Zenati invente une démarche particulière. Il s’est acheté une camionnette sur laquelle il a inscrit « l’art qui bouge ». Durant les étés chauds, à la plage de Saïdia, il étale sa production picturale à même le sol et se met sur une chaise accueillant et discutant avec les passants, tout en signant ses livres. Il s’agit pour lui de réconcilier l’art et la vie. À travers ses peintures et ses écrits, Zenati essaie de décrire ses rêves d’enfances, ses souvenirs de la vie de la rue ainsi que les événements et les scènes de sa ville, Oujda. Sa peinture est pleine de poésie, faite de matières et de couleurs vives et joyeuses.

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