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À l’angle des possibles, propose une déambulation dans la ville d’Oujda pour la découvrir d’une autre façon. Dans différents lieux, les œuvres et les interventions des artistes invités dialoguent avec le quotidien de la cité.

Des fragments d’autres villes, des instants de vie viennent se déposer dans des interstices urbains, dans des points de fuite comme autant de possibles. Ce projet s’inscrit dans la continuité de l’édition 2015 Ne pas se séparer du monde qui présentait la figure de l’artiste comme arpenteur du monde.

C’est une ville un peu différente que nous trouvons. Le visiteur muni d’un plan et d’un livret part à la rencontre de ces espaces. Il devient lui-même le voyageur, tantôt dans un lien de complicité parce qu’il s’agit d’une personne ou d’un lieu qu’il connaît, tantôt c’est en étranger qui découvre un artiste, un lieu, inconnus de lui.

Une histoire se construit peu à peu, strate après strate, étape après étape : une télévision diffuse un film dans un café (Netty Ridwanyi) ; une phrase apparaît au détour d’une rue ; une projection sur une vitrine nous transporte à Taipei (Hee-won Lee) ; le hall du théâtre abrite une exposition de photographies de dispositifs témoignant de conflits sociaux (Albert Clermont) ; un espace s’ouvre sur les rues de l’ancien Nador (Ahmed Mettougui). Dans chaque lieu, une question est posée pour ouvrir ou souligner un thème, un personnage, une histoire, une géographie.

Comment fabriquer un film avec deux téléphones (Mohamed Bourouissa) ? Comment bouleverser un lieu familier au Caire (Yasmina Benari) ? Comment évoluer dans un monde submergé (Manon Leroy) ? Comment entrer en contact avec les esprits (Kapwani Kiwanga) ? Où se situer par rapport à la frontière (Lawrence Weiner) ? Comment faire percevoir différemment une place publique (Séverine Hubard) ? Nous pouvons nous trouver plongés dans le drame d’une traversée
funeste avec Mati Diop, ou suivre les traces d’un homme qui marche dans Buenos Aires (Sebastian Diaz Morales).

C’est finalement le monde connu qui se transforme dans sa substance avec Randa Maroufi avant d’être plongé dans le monde merveilleux du Palais Idéal du facteur Cheval, ou celui de Mohamed Aajour.

Cette édition, conçue comme une exposition laboratoire, souhaite conjuguer l’art contemporain avec l’art brut ou l’art populaire, mais aussi avec la poésie et la littérature. Une dé-hiérarchisation des genres est proposée, son but est de contribuer à faciliter une approche ouverte de l’art afin que le spectateur ressente la ville, dans son quotidien, comme lieu d’accueil de différents espaces.

Les lieux ⁞ Le projet se développe dans neuf lieux principaux : une galerie d’art, un théâtre, une bibliothèque, une banque, une villa, une place, un café, une vitrine dans la medina, une fondation.

Christophe Boulanger, commissaire de l’exposition

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